Valoriser la fonction sociale de l’alimentation comme outil d’insertion, et faire des familles modestes une priorité de la politique nutritionnelle
extrait rapport de la commission Famille, pauvreté, vulnérabilité - avril 2005
Mots-clés : politique, nutrition, insertion
Le rôle de l’alimentation est loin de se restreindre à l’équilibre nutritionnel.
"L’alimentation comprend une fonction sociale liée à la convivialité des repas pris en commun et une fonction d’insertion et de valorisation personnelle par l’élaboration des repas. Le rythme quotidien des repas apporte des repères temporels utiles à la vie sociale.
Les épiceries sociales peuvent jouer ce rôle d’aide à l’insertion. Elles sont encore en nombre insuffisant par rapport aux autres types de vecteurs de l’aide alimentaire (offre de repas, colis). Une raison de ce déficit est que les épiceries sociales coûtent cher si elles ont des salariés permanents. Leur intérêt est qu’elles apportent plus en choix, en contact humain, en information nutritionnelle, elles peuvent introduire vers des ateliers culinaires. -----
Nous pensons qu’il faut trouver des moyens pour développer ces épiceries en mobilisant les ressources consacrées au plan de cohésion sociale et des emplois aidés."(...)
Dynamiser l’offre commerciale de produits frais
Les dépenses alimentaires des populations en situation de pauvreté sont particulièrement contraintes : 3,7 € par personne et par jour pour les ménages sous le seuil de pauvreté (défini à 60% du revenu médian) alors que le coût minimal d’une alimentation permettant de répondre aux besoins nutritionnels est de 4 à 5 € par jour. Cette contrainte conduit à privilégier les produits les moins chers (maxi discount, produits premiers prix).
Si la structure des dépenses par catégorie d’aliments ne se distingue pas fortement pour les populations en situation de pauvreté, on constate cependant une faible consommation de fruits et légumes et de poissons. Cette situation entraîne des déséquilibres nutritionnels nettement amplifiés. La faible consommation de fruits et légumes entraîne à la fois des risques de déficience en apports vitaminiques (vitamine C par exemple), mais aussi un risque accru de maladies cardio-vasculaires et de cancers.
Les déséquilibres nutritionnels contribuent par conséquent aux inégalités de santé constatées par ailleurs. 200 grammes de fruits et légumes par jour au lieu de 400 c’est une probabilité de développer un cancer du colon multipliée par 2. Il est frappant de constater que dans les pays méditerranéens où la consommation de fruits et légumes n’est pas différenciée socialement, il n’y a pas de différence sociale de mortalité cardiovasculaire prématurée alors que dans les pays du centre de l’Europe comme la France ou encore plus nettement dans les pays du Nord de l’Europe, où ce gradient social de consommation de fruits et légumes existe, les disparités sociales de mortalité cardiovasculaire prématurée sont très marquées.
La prévalence supérieure de surpoids et d’obésité chez les femmes adultes et les enfants de milieux défavorisés est par ailleurs largement documentée en France et au niveau international. La prévalence de l’obésité est de 7% chez les femmes les plus riches (dernier quartile de revenu), et de 12% chez celles du premier quartile (source : F Caillavet). Des données comparables se retrouvent dans l’analyse par catégorie socioprofessionnelles : une alimentation trop grasse, de forte densité énergétique et de faible densité nutritionnelle contribue au développement de l’obésité dans l’ensemble de la population et en particulier chez celle qui dispose des revenus les plus faibles.
(Source : Lioret, INRA, 1999)
"De façon plus large, il faut dynamiser l’offre commerciale de produits frais et en particulier de fruits et légumes dans les quartiers et les cités mais la question des instruments incitatifs reste ouverte (incitations fiscales pour les offreurs…bons d’achat ciblés etc).
Par ailleurs, la récupération optimale des surplus agricoles européens et en particulier dans le domaine des fruits et légumes qui nous intéresse est loin d’être réalisée.
Il reste des obstacles de nature réglementaire qu’il faudrait lever afin de disposer de ces surplus."





1 - Lien croisé
A.N.D.E.S. réseau national pour les épiceries solidaires - coZop.com : "actualitésValoriser la fonction sociale de l'alimentation comme outil d'insertion, et faire des familles modestes une priorité de la politique nutritionnelleIsabelle Clep 03.10.07 | 13:44"